La Fortune et le jeune Enfant

 

Sur le bord d'un puits très profond
Dormait étendu de son long
Un Enfant alors dans ses classes.
Tout est aux Ecoliers couchette et matelas.
Un honnête homme en pareil cas
Aurait fait un saut de vingt brasses.
Près de là tout heureusement
La Fortune passa, l'éveilla doucement,
Lui disant : Mon mignon, je vous sauve la vie.
Soyez une autre fois plus sage, je vous prie.
Si vous fussiez tombé, l'on s'en fût pris à moi ;
Cependant c'était votre faute.
Je vous demande, en bonne foi,
Si cette imprudence si haute
Provient de mon caprice. Elle part à ces mots.
Pour moi, j'approuve son propos.
Il n'arrive rien dans le monde
Qu'il ne faille qu'elle en réponde.
Nous la faisons de tous Echos.
Elle est prise à garant de toutes aventures.
Est-on sot, étourdi, prend-on mal ses mesures ;
On pense en être quitte en accusant son sort :
Bref la Fortune a toujours tort.

Fortune and the Boy. (15)

 

Beside a well, uncurb'd and deep,
A schoolboy laid him down to sleep:
(Such rogues can do so anywhere.)
If some kind man had seen him there,
He would have leap'd as if distracted;
But Fortune much more wisely acted;
For, passing by, she softly waked the child,
Thus whispering in accents mild:
'I save your life, my little dear,
And beg you not to venture here
Again, for had you fallen in,
I should have had to bear the sin;
But I demand, in reason's name,
If for your rashness I'm to blame?'
With this the goddess went her way.
I like her logic, I must say.
There takes place nothing on this planet,
But Fortune ends, whoe'er began it.
In all adventures good or ill,
We look to her to foot the bill.
Has one a stupid, empty pate,
That serves him never till too late,
He clears himself by blaming Fate!

[15] Aesop.

La Fortuna e il Ragazzo.

 

Tornando dalla scuola un ragazzino,
si pose a sonnecchiar soavemente
sopra l'orlo d'un pozzo assai profondo.
Ogni cosa ai ragazzi è un buon cuscino.
Se un vecchio fosse stato sì imprudente,
o un padre di famiglia,
scommetto che sarìa cascato in fondo.
Fortuna volle che la dea Fortuna
passasse a lui vicino,
e assai cortesemente lo svegliò.
- Mio caro, - disse, - ascolta,
non esser sì imprudente un'altra volta,
perché sempre vicina non sarò.
Se tu cadi la colpa mia non è,
ma la gente la piglia poi con me -.

Avea ragion da vendere
la buona dea volubile,
che al mondo d'ogni male
è fatta responsabile.
Sempre gli sciocchi pensano
di scaricar la colpa dei malanni,
tirando la Fortuna per i panni.
Sia l'uomo dritto o storto,
sempre Fortuna ha il torto.